LE FILM

Juke

affiche Juke

Animation Stop Motion & 2D, 12 minutes, France, 2026
Réalisation: Yan Rambaud
Production: La boite carrée / l’image qui bouge

« Quand tu es poète, tu as une carapace faite de mots puissants et magnifiques, carapace qui te permet de te mouvoir dans un monde débordant de mots médiocres, durs, glacés, sans ressentir leur agression. Une armure de coton, invincible. Â» 

Hadrien Klent, La vie est à nous, Le Tripode, 2024. 

Résumé du film​

Comme d’habitude, le bar « chez Tonio » est désert. Des livres, empilés sur les chaises, remplacent désormais les clients et le juke-box les concerts de jazz. Ce soir, un évènement va bouleverser la routine de Tonio. Il va alors trouver dans ses livres les moyens d’une action insoupçonnée.

Bande-annonce

Note d’intention

Les cycles tournent, c’est tout ce qu’ils savent faire. Dans un passé pas si éloigné, le fascisme pointait son museau. L’horreur puis l’indignation jusqu’au « plus jamais ça ». Aujourd’hui, alors que le pire redonne ses bottes à entendre et l’urgence, des questions à se poser, comment se prémunir des reflux de l’Histoire? Est-on (encore) capable d’agir?… Je suis, comme beaucoup, issu de cette génération sans guerre et déterminée à la refuser sans autre condition, mais comment?

Évoquer cet état flottant, avant la terreur pressentie. Définir les limites d’un sas encore confortable, avant le pas de côté. Interpréter les signes avant- coureurs… Le film interroge cet espace-temps où tout est encore possible, la fuite comme l’engagement, la poésie comme les fusils.
Se gardant d’apporter des réponses, le film progresse inéluctablement vers l’action, mais quel en est le déclic?
Juke raconte la naissance d’une conscience politique qui se manifeste par le canal de la poésie.
Le mot Juke, selon le contexte, peut aussi renvoyer à la feinte, l’astuce, le jeu, la ruse… À l’instar des poètes lettristes qui dans les années 50 inventent d’autres voies en renonçant à l’usage des mots pour s’attacher à la musique des lettres, Tonio, comme frappé d’«hypergraphie», découpe les mots de ses livres pour s’en faire une armure et affronter le monde.
Le déroulement du film tisse des fils comme des indices à suivre. Je veux que le spectateur ressente la nécessité qu’une mise en action passe avant tout par l’attention aux signes, que seul ou sans histoire à (se) raconter, on ne peut rien tenter.